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Quel est le secteur clé pour la future croissance économique au Maroc selon les PDGs marocains

Nous avons collaboré avec the Oxford Business Group pour réaliser un sondage auprès de plus de 150 dirigeants d’entreprises au Maroc afin d’identifier le secteur clé pour la future croissance économique au Maroc. Découvrez ce qu’ils en pensent dans cet article qui décortique les résultats de ce sondage.

Les PDGs marocains identifient l’éducation comme étant le secteur le plus important à la croissance économique du pays

Au cours des dix dernières années, le Maroc s’est attelé à renforcer et diversifier les bases de son économie, lançant à cet effet des initiatives stratégiques et variées, telles que le Plan Maroc Vert et le Plan d’Accélération Industrielle, et s’employant à améliorer son climat des affaires.

Le pays s’est classé 53ème sur les 190 pays analysés par la Banque Mondiale dans son rapport « Doing Business 2020 », contre 128ème en 2010. Selon le dernier rapport en date de la Banque Mondiale, la possibilité d’effectuer les démarches d’obtention d’un permis de construire en ligne, un meilleur accès à l’électricité et le lancement d’un service de paiement en ligne des frais portuaires comptent parmi les principales réformes qui ont contribué à améliorer la position du pays.

Sur le plan macroéconomique, le Maroc est parvenu ces dernières années à maîtriser son déficit budgétaire et son inflation et s’est fixé l’objectif de maintenir ces derniers en 2020 à un taux de 3,5% et 2% du PIB respectivement. Cependant, la croissance annuelle du PIB a enregistré un recul. Après avoir enregistré une expansion moyenne de 4,4% entre 2000 et 2017, la croissance du PIB a ralenti, atteignant 3% en 2018 et environ 2,6% en 2019, selon Bank Al Maghrib. Ce dernier chiffre s’explique en partie par une chute de 4% de la valeur ajoutée agricole.

À cet effet, le Roi Mohammed VI a créé à l’été 2019 un nouvelle entité baptisée la Commission Spéciale sur le Modèle de Développement (CSMD), chargée d’identifier les obstacles à la croissance et de concevoir des politiques assurant davantage de création de richesses et une meilleure distribution de ces dernières. S’il est indéniable que le Maroc a fait des progrès considérables dans des secteurs tels que les infrastructures, les énergies renouvelables, le secteur manufacturier et celui des services financiers, « les progrès et les réalisations d’ores et déjà accomplis n’ont malheureusement pas encore eu des répercussions suffisantes sur l’ensemble de la société marocaine », a déploré le Roi dans un discours prononcé à l’occasion de la Fête du Trône en juillet 2019. Les suggestions que les 35 membres de la commission devront compiler dans un rapport qui sera rendu mi-2020 devront ainsi permettre à de plus larges pans de la population de profiter de l’essor économique.

Si le Maroc a encore du chemin à faire avant d’atteindre ses objectifs, la confiance de la communauté d’affaires reste solide : 78% des chefs d’entreprise interrogés dans le cadre de la quatrième édition du sondage Morocco CEO Survey disent avoir des attentes positives voire très positives quant aux conditions économiques des douze prochains mois et 76% d’entre eux estiment probable voire très probable que leur entreprise réalise un investissement d’envergure au cours de la même période. Cela montre bien que, malgré les défis, la communauté affaires demeure confiante quant aux perspectives économiques à court et moyen terme.

Les chefs d’entreprise se montrent également optimistes quant aux perspectives offertes par l’accord sur la création d’une Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECA) et 74% d’entre eux ont des attentes positives voire très positives quant aux répercussions de l’accord sur le développement des échanges intrarégionaux. Au début du siècle, le Maroc a choisi d’accorder une place de choix au développement des relations sud-sud, et depuis une multitude d’entreprises marocaines ont mené une stratégie d’expansion dans des secteurs variés allant des services financiers et des télécommunications au bâtiment et au secteur manufacturier.

Si le pays est parvenu à étendre son empreinte régionale, les exportations vers le continent africain se sont révélées en-deçà des attentes et ne représentaient que 7,8% de l’ensemble des exportations du royaume en 2018. En comparaison, la même année, 70% des exportations ont été à destination de l’Europe. La mise en oeuvre de la ZLECA devrait donc être synonyme d’opportunités accrues pour le Maroc et lui permettre de renforcer ses liens avec ses voisins du sud.

Au même moment, le Maroc a enregistré une hausse de 24,7% de ses importations en provenance du continent, principalement en raison d’importations plus élevées de pétrole et de gaz. En effet, le Maroc satisfait 90% de ses besoins énergétiques grâce aux importations, ce qui explique en partie pourquoi la volatilité des prix des matières premières a été citée par le plus grand nombre de sondés (47%) comme étant l’événement extérieur présentant le plus de risques pour l’économie sur le court à moyen terme. Parmi les autres menaces extérieures identifiées par les chefs d’entreprises, on peut citer l’instabilité dans les pays voisins (30%) et un protectionnisme accru.

L’environnement fiscal est un autre défi auquel les entreprises marocaines se voient confrontées, et 68% des PDG interrogés le jugent peu ou très peu compétitif, contre 55% en 2018 et 57% en 2017. En mai 2019 se sont tenues au Maroc les troisièmes Assises Nationales sur la Fiscalité, avec pour objectif d’améliorer le cadre fiscal du pays en promouvant une concurrence, une efficacité et une transparence accrues. Les mesures proposées devraient être intégrées aux futures lois de finances marocaines, à compter de 2020.

Malgré les défis et les chantiers qui attendent encore le Maroc dans la mise en place d’une croissance plus inclusive, le pays a fait des progrès considérables dans la diversification et le renforcement de son économie. Le Maroc dispose aujourd’hui de l’un des secteurs manufacturiers les plus dynamiques du continent, où les segments de l’aéronautique et de l’automobile jouent un rôle central. En outre, le démarrage des activités du port de Tanger-Med 2 constitue un événement capital qui promet de développer le potentiel d’exportation du Maroc. Inaugurée en juin 2018, l’extension, qui a nécessité un budget d’1,3 milliard de dollars, fait partie du complexe portuaire Tanger-Med, qui est connecté à 186 ports dans 77 pays.

Au vu des nombreux autres projets actuellement en cours notamment dans les secteurs des services financiers, des télécommunications et de l’informatique, la future croissance économique du pays sera extrêmement tributaire de la disponibilité d’une main d’oeuvre qualifiée dans ces domaines. Les chefs d’entreprise interrogés dans le cadre du sondage d’OBG l’ont bien compris et ils sont près de 75% à avoir sélectionné l’éducation comme le secteur qui permettra au Maroc de libérer son potentiel économique. Pour ce qui est des compétences dont le royaume a le plus besoin, le leadership a été cité par 36% des PDG, puis l’ingénierie (16%) et la recherche et développement (15%), mettant en lumière les domaines qui devraient se trouver au centre des priorités du système éducatif.

Par Souhir Mzali
Africa Regional Editor / Oxford Business Group

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